Urbanisme transitoire : occupez cet ouvrage que je ne saurais voir

Les friches industrielles, bâtiment en restructuration et autres lieux délaissés connaissent aujourd’hui un regain d’intérêt : des coopératives, promoteurs ou gestionnaires d’actifs les transforment en lieu de loisirs ou d’activité pour des périodes limitées.

Une définition s’il vous plaît !

Lorsque l’usage définitif du site n’est pas encore déterminé ou que le programme immobilier tarde à se réaliser, « il est possible d’utiliser les lieux de façon temporaire, pour éviter qu’ils ne soient dégradés. », note Batiactu, média spécialisé dans la construction et le bâtiment.

Ces occupations provisoires « sont la version légale et non contestataire, » qui acceptent leur durée déterminée, à l’inverse des squats « qui revendiquent ouvertement de rester ou de changer la destination future des lieux. », analyse l’Institut d’Aménagement et d’Urbanisme (IAU).

Il s’agit d’espace de liberté dans la ville où s’inventent de nouvelles façons de faire, sortie de la standardisation des zones bâties. « Avantage supplémentaire : l’utilisation transitoire permet d’éviter des coûts de gardiennage et valorise même les lieux. », ponctue Batiactu.

Dans les grands centres urbains, et particulièrement en région parisienne, il existe d’illustres exemples :

La préfiguration du château de l’Amiral à Sceaux (92), site lauréat de l’appel à projets « Inventons la Métropole du Grand Paris »

En attendant le démarrage des travaux, Pitch Promotion et Nacarat, les deux promoteurs lauréats de l’appel à projet « A la Croisée des S[cé]EnS » du concours « Inventons la Métropole du Grand Paris », ont choisi de valoriser le lieu, par la préfiguration du château de l’Amiral et ses abords.

Exploité par la société La Belle Friche, spécialisée dans l’animation des sites en transition, l’ancienne maison de maître du XVIIe siècle et ses contours sont investis, depuis mai jusqu’à octobre 2018, par une offre de restauration/bar estivale accompagnée d’une programmation libre sur 1 100 m² : art, agriculture, animations participatives ou activités sportives sont au rendez-vous.

L’espace d’un été. L’îlot du château de l’Amiral sera par la suite transformé en restaurant locavore* associé à un potager, une brasserie, des locaux événementiels et une école des arts culinaires à rayonnement international.

L’occupation temporaire à Paris (75), d’un hôtel particulier construit en 1755 au futur hors du commun

Historique. Composé de deux hôtels particuliers et d’un bâtiment industriel ajouté au XXe siècle, l’ensemble immobilier du 7 rue Lacepède accueillait la famille et société Lavillaugouet, l’une des plus anciennes entreprises d’assainissement et de BTP de la capitale.

Au XXIe siècle, le projet d’hôtel 4 étoiles envisagé par Novaxia pour la transformation des lieux, est logé dans le premier fonds immobilier et hôtelier agréé par l’Etat sous le label ESUS (Entreprise solidaire d’utilité sociale).

Mais avant de faire peau neuve, l’hôtel particulier héberge plusieurs catégories de population : des jeunes sans abri, des artistes, des associations et des entreprises. Le lieu est aujourd’hui animé par deux associations :

  • Plateau Urbain, coopérative d’urbanisme temporaire, fournit des locaux à une trentaine de start-ups, associations et artistes aux capacités de financement restreintes pour leur permettre de se développer.
  • L’association Aurore propose à quinze jeunes un temps de stabilisation dans des hébergements d’urgence, avec un suivi personnalisé mis en œuvre par une équipe socioéducative.

Beaureg’art, une exposition éphémère dans un immeuble bientôt déconstruit à Montbrison (42)

30. C’est le nombre de jours et le nombre d’artistes ayant investis l’une des tours de Beauregard à Montbrison avant sa déconstruction. La trentaine de graphistes, photographes, peintre ou sculpteurs ont occupé 9 appartements sur 3 étages pour y exercer leur art.

L’objectif de cette démarche, initiée par Loire Habitat, office public du département de la Loire, est à la fois de créer du lien social à travers la culture, mais aussi de faire découvrir un art nouveau aux personnes qui n’en ont pas l’opportunité. « Un bon moyen pour les jeunes du quartier de rendre un dernier hommage à cette tour imprégnée d’Histoire. », souligne l’office public de l’habitat.

* Restaurant qui privilégie les produits locaux et de saison.

Sources :

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